Essai d’une analyse critique sur la motivation et la réalisation des acteurs de l’exploitation minière artisanale de diamant et de l’or à Kisangani dans la province de la Tshopo, RDC

Authors

  • Jean Paul Mulungo Mfuende Professeur de l’Université de Kisangani au Département de Sociologie en République Démocratique Congo (RDC)

DOI:

https://doi.org/10.51867/ajernet.7.2.88

Keywords:

Diamant, Exploitant, Motivation, Or, Réalisation

Abstract

Cette étude a porté sur la motivation et réalisation des acteurs de diamant et de l’or dans la ville de Kisangani en République Démocratique du Congo (RDC), avec un objectif précis d’expliquer les motivations et les réalisations des acteurs miniers (diamantaires et orpailleurs) à partir de leurs activités d’exploitation artisanale et de la commercialisation de diamant  et de l’or dans la ville de Kisangani. Pour atteindre l’objectif, la méthode descriptive est utilisée pour cette étude afin d’observer, décrire et documenter le phénomène des acteurs miniers. Cette méthode est appuyée par les techniques documentaires, l’observation directe et  la technique d’enquête ont été utilisées  pour appréhender les perceptions des acteurs sur l’objet étudié. Les résultats obtenus à l’issue de cette étude ont révélé que l’afflux des acteurs vers la commercialisation des minerais (or et diamant) dans la ville de Kisangani est expliqué par plusieurs facteurs (figure 1).  La recherche du bien-être est d’abord évoquée par 27,7 % des négociants de diamant et 29,2 % des négociants d’or. Les enquêtés ont souligné le chômage qui frappe de plein fouet la masse rurale et urbaine dont celle de Kisangani, avec 13, 8 % des négociants de diamant et 21,5 % des négociants d’or. Le mobile explicatif de leur afflux vers le commerce des minerais est ensuite du au chômage de la masse rurale et urbaine dont celle de Kisangani, avec 13, 8 % des négociants de diamant et 21,5 % des négociants d’or. Les résultats montrent que 45 négociants, soit 69,2% opèrent sans bureau d’achat légalement localisé en dehors de leurs domiciles. Ils exercent ce métier soit comme commissionnaires des maisons et comptoirs d’achat, soit à leurs domiciles. Environ 30,8 % des enquêtés opèrent dans leurs propres bureaux d’achat d’or ou de diamant. En effet, 54 % des personnes enquêtées soutiennent qu’elles ont connu du succès dans ce métier. Ce résultat montre qu’une majorité relative des enquêtés perçoit positivement leur niveau de réalisation professionnelle. Cela peut par un certain niveau de motivation, d’engagement personnel ou encore par des conditions favorables dans l’exercice de leur activité. Cependant, ce pourcentage reste modéré, ce qui signifie qu’une proportion importante de 46%  des personnes n’a pas atteint le niveau de succès souhaité. Les plus grands souvenirs sont d’abord l’acquisition (achat) des véhicules (17 % des négociants d’or et 15% des négociants de diamant). Ensuite, il y a lieu de noter que l’acquisition des terrains et concessions foncières (12 % des négociants d’or et 12% des négociants de diamant). La construction des maisons vient en troisième position dans les catégories des souvenirs (9 % des négociants d’or et 11% des négociants de diamant). Enfin, les investissements dans d’autres activités économiques et la scolarisation des enfants dans de meilleures écoles de la place reviennent respectivement à la quatrième et cinquième position des succès dans leurs activités de commercialisation des minerais. Quant aux autres activités réalisées par les acteurs miniers, les résultats indiquent que 11 types d’activités secondaires, 43% des diamantaires en activité font aussi du commerce des autres produits manufacturés comme activité secondaire. Pour l’abandon du secteur minier, 15,4% des enquêtés fustigent la baisse de production et pensent abandonner l’activité diamantifère, 12,3% ont évoqué le manque de garantie pour continuer à œuvrer dans cette activité qui fait défaut parfois. Les autres diamantaires ont évoqué l’insécurité (1,5%), le poids de l’âge (1,5 %), la tracasserie administrative (1,5%) et enfin 1,5% des enquêtés sont restés indifférents face à un avis pour ou contre l’abandon de l’activité minière. Ainsi, 51 % des enquêtés ont déclaré que la vie associative comme étant très importante. Par contre, 49% ont dit le contraire. Les premiers ont considéré que c’est en travaillant en équipe qu’ils arrivent à minimiser certaines charges fiscales, celles de transport, voire de survie dans les sites d’achat de diamant. La vie associative tire donc son importance dans l’histoire des populations urbaines qui recherchent à maintenir la cohésion familiale et culturelle. Cette étude des acteurs miniers à Kisangani a révélé  un secteur artisanal et semi-industriel prédominant, marqué par des activités informelles et  un faible respect du Code minier de 2018. Les dynamiques incluent une structure complexe de production et de commercialisation, souvent en dehors des circuits commerciaux officiels établis. C’est pourquoi, nous suggérons que le pouvoir public mette en place des programmes de formation et de sensibilisation du Code minier de 2018  des acteurs miniers à Kisangani pour aaméliorer le climat des affaires dans le milieu d’étude. Les recherches futures pourront se pencher sur l’analyse des impacts de l'exploitation minière sur l’environnement, sur la qualité des eaux et sur la santé des communautés locales. Aussi l’analyse des rôles des acteurs miniers  dans le financement des conflits armés, la répartition des revenus liés aux activités d’exploitation minières que nous n’avons pas abordés dans cette étude.

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Published

2026-05-25

How to Cite

Essai d’une analyse critique sur la motivation et la réalisation des acteurs de l’exploitation minière artisanale de diamant et de l’or à Kisangani dans la province de la Tshopo, RDC. (2026). African Journal of Empirical Research, 7(2), 1026-1037. https://doi.org/10.51867/ajernet.7.2.88